En matière d'accès à un généraliste, les derniers chiffres de l'Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq) ne rassurent pas. En rapportant le nombre de médecins généralistes (selon l'adresse du cabinet) au nombre d'habitants de la commune, l'Aviq détermine si une commune est en situation normale (au moins 90 MG pour 100.000 habitants), en situation de pénurie (entre 50 et 89 MG pour 100.000 habitants), ou en situation de pénurie sévère (moins de 49 MG pour 100.000 habitants).

2.000 patients/MG, l'indice pivot pour le rouge pivoine

Ce statut de pénurie doit intéresser directement le jeune médecin généraliste qui sort de l'université. Pour palier le manque de MG dans les communes touchées, les fonds Impulseo octroient une prime d'installation de 20.000 euros au généraliste qui s'installe dans une commune en pénurie, et de 25.000 euros dans les communes en pénurie sévère. Dans une moindre mesure, rappelons également que le jeune médecin généraliste en formation qui choisit de faire un stage dans une de ces communes (pénurie ou pénurie sévère) peut prétendre à une prime de 2.000 euros.

Mais inversons le rapport "MG par habitants" pour proposer une valeur qui parlera davantage aux généralistes. Le point de pivot entre la pénurie sévère et la simple pénurie (50 généralistes pour 100.000 habitants), correspond à 2.000 patients par médecin généraliste. On est loin du premier seuil tolérable pour l'Aviq (1.111 patients par MG). Dans toutes les communes en rouge sur la carte ci-contre, les généralistes doivent donc assumer un nombre moyen de patients supérieur à 2.000.

Selon les données 2024 de l'Aviq, dans nos 253 communes francophones (nous manquons de données pour les communes germanophones), plus d'une commune sur cinq est actuellement en pénurie sévère (56). Un chiffre jamais atteint dans les données disponibles (depuis 2016). Au-delà de ça, presque une commune wallonne sur trois est en situation de pénurie (77). C'est là par contre un chiffre plancher sur les huit dernières années. Enfin, presque une commune sur deux ne souffre pas de pénurie (120). C'est une note positive, puisque cela traduit une hausse de +20% par rapport à 2016. On constate donc un phénomène de polarisation: de la "simple pénurie" en 2016, les communes ont tendance soit à évoluer vers une situation normale, soit à se détériorer vers une situation de pénurie sévère.

Qui sort la tête de l'eau, qui boit la tasse?

Quitte à comparer, autant le faire à très court terme, par rapport à une situation qui parle encore à tout le monde: 2023. La carte ci-dessous vous propose une coloration des communes selon que leur situation en 2024, par rapport à l'année 2023, s'est améliorée (vert), est restée stable (rouge), ou s'est détériorée (rouge). On constate que la Wallonie picarde affiche un teint peu rassurant. Ça s'empourpre (pour ne pas dire s'embourbe) au sud de la dorsale wallonne. Dans quelques communes de la région du Centre, du Brabant wallon et une bonne partie de la province de Liège, on respire. En Ardenne centrale et du sud, on regrettera qu'une des dernières communes saines finisse par ployer (Étalle). Bièvre et Herbeumont résistent mystérieusement. Idem en Famenne, où Rochefort pique dans le rouge. Tellin, Marche et Hotton tiennent le coup.

La grande majorité des changements de statut s'est faite d'une situation à sa voisine (ex: de pénurie à pénurie sévère, ou l'inverse). Mention spéciale toutefois à la commune d'Olne (Liège), qui se dépatouille d'une situation de pénurie sévère et fait le grand saut vers une situation saine. À l'inverse, l'administration wallonne aura les yeux rivés sur Rochefort (Namur) et Verlaine (Liège), qui, du haut de leur situation saine en 2023, dégringolent vers une pénurie sévère.

En matière d'accès à un généraliste, les derniers chiffres de l'Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq) ne rassurent pas. En rapportant le nombre de médecins généralistes (selon l'adresse du cabinet) au nombre d'habitants de la commune, l'Aviq détermine si une commune est en situation normale (au moins 90 MG pour 100.000 habitants), en situation de pénurie (entre 50 et 89 MG pour 100.000 habitants), ou en situation de pénurie sévère (moins de 49 MG pour 100.000 habitants). Ce statut de pénurie doit intéresser directement le jeune médecin généraliste qui sort de l'université. Pour palier le manque de MG dans les communes touchées, les fonds Impulseo octroient une prime d'installation de 20.000 euros au généraliste qui s'installe dans une commune en pénurie, et de 25.000 euros dans les communes en pénurie sévère. Dans une moindre mesure, rappelons également que le jeune médecin généraliste en formation qui choisit de faire un stage dans une de ces communes (pénurie ou pénurie sévère) peut prétendre à une prime de 2.000 euros. Mais inversons le rapport "MG par habitants" pour proposer une valeur qui parlera davantage aux généralistes. Le point de pivot entre la pénurie sévère et la simple pénurie (50 généralistes pour 100.000 habitants), correspond à 2.000 patients par médecin généraliste. On est loin du premier seuil tolérable pour l'Aviq (1.111 patients par MG). Dans toutes les communes en rouge sur la carte ci-contre, les généralistes doivent donc assumer un nombre moyen de patients supérieur à 2.000. Selon les données 2024 de l'Aviq, dans nos 253 communes francophones (nous manquons de données pour les communes germanophones), plus d'une commune sur cinq est actuellement en pénurie sévère (56). Un chiffre jamais atteint dans les données disponibles (depuis 2016). Au-delà de ça, presque une commune wallonne sur trois est en situation de pénurie (77). C'est là par contre un chiffre plancher sur les huit dernières années. Enfin, presque une commune sur deux ne souffre pas de pénurie (120). C'est une note positive, puisque cela traduit une hausse de +20% par rapport à 2016. On constate donc un phénomène de polarisation: de la "simple pénurie" en 2016, les communes ont tendance soit à évoluer vers une situation normale, soit à se détériorer vers une situation de pénurie sévère. Quitte à comparer, autant le faire à très court terme, par rapport à une situation qui parle encore à tout le monde: 2023. La carte ci-dessous vous propose une coloration des communes selon que leur situation en 2024, par rapport à l'année 2023, s'est améliorée (vert), est restée stable (rouge), ou s'est détériorée (rouge). On constate que la Wallonie picarde affiche un teint peu rassurant. Ça s'empourpre (pour ne pas dire s'embourbe) au sud de la dorsale wallonne. Dans quelques communes de la région du Centre, du Brabant wallon et une bonne partie de la province de Liège, on respire. En Ardenne centrale et du sud, on regrettera qu'une des dernières communes saines finisse par ployer (Étalle). Bièvre et Herbeumont résistent mystérieusement. Idem en Famenne, où Rochefort pique dans le rouge. Tellin, Marche et Hotton tiennent le coup.La grande majorité des changements de statut s'est faite d'une situation à sa voisine (ex: de pénurie à pénurie sévère, ou l'inverse). Mention spéciale toutefois à la commune d'Olne (Liège), qui se dépatouille d'une situation de pénurie sévère et fait le grand saut vers une situation saine. À l'inverse, l'administration wallonne aura les yeux rivés sur Rochefort (Namur) et Verlaine (Liège), qui, du haut de leur situation saine en 2023, dégringolent vers une pénurie sévère.