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"En Wallonie, 17 centres de planning pratiquent l'IVG sur un total de 72", a souligné Yves Coppieters. "C'est nettement insuffisant." Cette pénurie entrave directement l'accès aux soins pour les femmes, notamment en milieu rural ou précaire. Isabella Greco a exprimé son inquiétude face à ce constat : "Derrière chaque IVG se cache une femme, une famille, une détresse [...] une histoire que l'on ne peut pas ignorer." Elle rappelle le récent reportage de la RTBF mettant en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain, de la pression exercée par les mouvements anti-avortement au manque de praticiens disponibles (lire ici par ailleurs).Le ministre a rappelé que les actes médicaux liés à l'IVG sont financés via une convention conclue avec l'Inami en 2003, échappant ainsi à la compétence directe de la Région wallonne. De même, la formation des médecins est du ressort de la Fédération Wallonie-Bruxelles et des universités, qui jouissent d'une autonomie académique."Nous n'avons pas de levier direct pour agir", a reconnu M. Coppieters. Toutefois, il indique pouvoir transmettre des recommandations à la ministre-présidente de la Fédération, Elisabeth Degryse, afin que l'Ares soit sensibilisée à l'importance de renforcer la formation à l'IVG dans les cursus médicaux.Le ministre a réaffirmé son soutien à une dépénalisation complète de l'IVG et à un allongement du délai légal à 18 semaines, comme préconisé par un groupe d'experts en 2022. "J'invite mes collègues des autres niveaux de pouvoir à y être attentifs", a-t-il déclaré, soulignant que ce changement ne peut s'opérer qu'au niveau fédéral.Sur le plan régional, certaines pistes sont tout de même envisagées. Une réforme récente a permis de mieux identifier les profils requis pour les fonctions dans les centres de planning familial. L'accessibilité est également abordée sous l'angle des horaires et de l'accueil, en particulier pour les femmes en situation de précarité.Des efforts de sensibilisation sont également en cours, notamment via les animations Evras en milieu scolaire et les outils diffusés par les fédérations de planning familial. Le plan wallon "Droits des femmes", actuellement en révision, pourrait renforcer ces actions.