Le 1er avril 2025, la députée Anne Lambelin (PS) a présenté devant la Commission de la santé une proposition de résolution visant à faire de la stratégie environnement-santé une priorité politique en Wallonie. Ce texte, qui ambitionne une approche intégrée entre politiques sanitaires et environnementales, a été salué par plusieurs groupes parlementaires... mais finalement rejeté.
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"Aujourd'hui, on ne peut plus se permettre d'avoir d'un côté des politiques de santé publique et de l'autre des politiques environnementales. Il faut qu'on ait une vision commune, intégrée, cohérente, partagée, durable, parce que c'est ça aussi le fondement de la santé de nos concitoyens", a déclaré Anne Lambelin en ouverture de son intervention. La députée PS a insisté sur l'importance de ne plus traiter les pollutions environnementales comme des sujets secondaires : qualité de l'air, résidus chimiques, bruit, chaleur... tous ces facteurs, selon elle, agissent profondément sur la santé publique."L'environnement n'est pas un facteur parmi d'autres. C'est le substrat même de notre santé", a-t-elle ajouté. "Il faut donc le considérer comme tel dans la définition des politiques publiques." Ce plaidoyer s'appuie notamment sur les conclusions récentes du biomonitoring humain wallon, qui ont révélé la présence systématique de PFAS, phtalates et autres polluants persistants dans l'organisme des citoyens testés (lire ici).La résolution appelle à une structuration claire des compétences en matière de santé environnementale. "Ce que nous proposons ici, c'est une gouvernance claire, transversale, coordonnée", a défendu Anne Lambelin. Le texte prévoit la mise en place d'une structure de pilotage rassemblant les administrations en charge de la santé, de l'environnement, de l'agriculture, de l'aménagement du territoire et de la recherche.Il s'articule autour de cinq axes majeurs :"Il faut que les futures politiques de santé soient pensées à la lumière des expositions environnementales réelles, en particulier dans les zones sensibles", a insisté la députée.La proposition a été soutenue par plusieurs parlementaires, y compris au sein de la majorité. "Cette proposition permet de mettre à l'agenda des problématiques qu'on ne peut plus traiter de manière isolée", a notamment réagit Vincent Palermo (Les Engagés). "Cela rejoint d'ailleurs des propositions que nous avions formulées au sein de notre groupe." Marie Jacqmin (Ecolo) a salué "une approche pragmatique, utile, qui permettra de mieux faire circuler l'information entre les services, les citoyens, les chercheurs et les décideurs politiques".Valérie Warzée-Caverenne (MR) s'est également montrée favorable sur le fond, tout en appelant à la rigueur dans la mise en oeuvre : "Il faudra que cette stratégie soit adossée à des indicateurs clairs, un calendrier, et un engagement budgétaire réaliste."Malgré ces marques de soutien, la résolution a été rejetée par la Commission. Le président a annoncé, à la fin de la séance par cinq voix contre quatre. Le ministre de la Santé, Yves Coppieters, a cependant tenu à souligner la pertinence du débat. Il a indiqué que la stratégie environnement-santé ferait bien partie des priorités de son cabinet dans la révision du Plan environnement-santé : "Nous devons cesser de penser la santé de manière hospitalo-centrée. La prévention environnementale est un levier essentiel, et trop longtemps négligé."Anne Lambelin a conclu son intervention en appelant à dépasser les clivages : "Il est temps que la Wallonie se dote d'une stratégie claire, ambitieuse et transversale pour faire face aux défis sanitaires du XXIe siècle. Il n'y aura pas de santé sans environnement sain."