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Plusieurs nouveautés, cette année, pour les futurs étudiants en médecine. Tout d'abord, exit l'examen d'entrée qui avait lieu à deux reprises (en juillet, puis en août) depuis 2017: c'est désormais une épreuve unique, organisée fin août, qui "filtre" l'admission au cursus académique de médecine et de dentisterie. Ce "vrai" concours d'entrée ne comporte par ailleurs plus de cote minimale (contrairement à la Flandre, où il faut 10/20): les candidats sont classés dans l'ordre décroissant de la note globale obtenue, puis sélectionnés jusqu'à atteindre le nombre d'admissibles fixé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit 1.366 en médecine et 177 en sciences dentaires. "Pour chaque filière, le jury sélectionne un nombre de candidats égal au nombre d'admissibles dans l'ordre du classement en commençant par le candidat classé en premier", explique Antoine Dutry de l'Ares (Académie de recherche et d'enseignement supérieur). "Mais attention, si le nombre de candidats non-résidents sélectionnés atteint 15% du nombre total de candidats pouvant être déclarés admissibles, le jury ne sélectionne plus de candidats non-résidents et poursuit la sélection en ne sélectionnant que des candidats résidents." C'est là aussi une nouveauté: le quota de non-résidents est passé de 30% à 15%. Ils représentaient 38% des inscrits au concours, contre près de 50% en 2021 et 45% en 2022. Pourquoi cette diminution avant même l'épreuve? "Auparavant, les Français s'inscrivaient à notre examen de juillet quand ils n'avaient pas encore leurs résultats chez eux. Ce n'est plus le cas maintenant avec notre concours organisé fin août", analyse Laurent Despy, administrateur à l'Ares. L'an dernier, seules 869 personnes avaient réussi l'examen d'entrée, satisfaisant alors à la cote d'exclusion de 10/20. Une partie de 1.543 admis de cette année n'a donc très certainement pas atteint ce seuil minimal, entre-temps disparu. Cela rend-il le stress de l'épreuve moins intense? "Pas sûr, des candidats nous ont dit qu'ils n'aimaient pas le fait d'être désormais mis en compétition", glisse Fleur Jasoigne, directrice de la communication à l'Ares. " Ils n'ont aussi plus qu'une seule chance: auparavant, quand deux examens étaient organisés, une majorité le représentait en août." Les étudiants (résidents) avaient 15% de chance de passer avec l'examen. Désormais, avec le concours, c'est quasi 50%. Pour mémoire, ce concours est le fruit d'un accord politique entre le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke et la ministre Valérie Glatigny (Enseignement supérieur en FWB), en échange d'une majoration du quota de numéros Inami dédiés aux francophones en fin de cursus (929 pour la médecine en 2029) afin que certains médecins ne s'en retrouvent plus privés. On estime la différence entre le nombre de diplômés et de détenteurs d'un numéro Inami à 1.200 médecins depuis 2017. Par ailleurs, l'Ares signale qu'un cas de fraude avérée a été relevé lors de l'épreuve 2023: le jury a statué et pris la décision d'annuler l'épreuve du concours du candidat concerné. "Le cas de fraude est un cas de non-respect des consignes relatives aux objets connectés qui doivent être éteints et rangés dans un sac sous la table", nous précise l'Ares. Un surveillant a constaté que ce n'était pas le cas pour un des candidats. "Dans pareil cas, la suspicion de fraude est signalée au candidat et consignée dans un P.-V. Le candidat est autorisé à poursuivre l'épreuve et c'est lors de la délibération que le jury statue sur le cas sur base du P.-V." Les candidats ne pouvaient rien avoir d'autre sur la table qu'une bouteille d'eau transparente. Le bic était fourni, ainsi que des bouchons d'oreilles. Ni PC, ni GSM ni même une calculatrice. Pas d'écouteurs, aucun WiFi. Un dispositif permettait de détecter d'éventuelles ondes. Pas moins de 350 personnes surveillaient l'épreuve organisée dans les palais 5 & 7 du Heysel.