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Y a-t-il un moment plus propice, en cette veille d'élections tous azimuts en 2024 (européenne, législative et régionale) pour entamer une série sur les médecins en politique? Depuis pratiquement la naissance de la Belgique, nos parlements ont compté en leur sein des médecins engagés en politique. Il y a vingt ans, il faut bien dire que, profession libérale aidant, les médecins politiciens officiaient surtout au parti libéral, devenu mouvement réformateur. Pensons au goguenard Daniel Bacquelaine et l'hyperactif Alain Destexhe, un des rares hommes politiques wallons à avoir écrit de nombreux essais sur pas mal de sujets sociétaux, des syndicats à la particratie et l'enseignement. Petit à petit, pourtant, les médecins ont essaimé dans toutes les formations politiques comme Philippe Mahoux au PS, jusques et y compris au parti écologiste (Pierre Galand) et même au parti des travailleurs belges (Sofie Merckx). Les Engagés ne sont pas en reste avec notamment les Drs Catherine Fonck et Georges Dallemagne, ce dernier démarrant notre série de manière tonitruante étant donné les événements dramatiques au Proche-Orient (lire pages 16 et 17). Outre la rigueur apprise lors de leurs études et leur pratique (même si certains ont dû presque l'abandonner), les médecins en politique ont quelque chose - oserions-nous dire - en plus lorsqu'ils abordent et résolvent les problèmes de notre société: l'approche anamnèse-diagnostic-traitement. En tant que scientifiques, ils devraient aussi avoir une vision de la politique au plus près du réel. Ils peuvent aussi créer avec leurs électeurs une relation proche de celle que les meilleurs mettent en place avec leurs patients.